Le Kenya s'engage pour Haïti. Le pays africain s'est dit prêt à déployer un contingent de 1 000 policiers et à prendre la tête d'une force multinationale. Aucun pays n'avait jusqu'ici proposé de diriger cette force extérieure pourtant prônée par l'ONU face à la crise dans laquelle s'est enfoncée Haïti, où 5,2 millions de personnes ont besoin d'assistance humanitaire.
Le Kenya a annoncé samedi 29 juillet qu'il était prêt à prendre la tête d'une force multinationale en Haïti et à déployer 1 000 policiers dans ce pays des Caraïbes déchiré par la violence.
"Le Kenya a accepté d'envisager positivement de prendre la tête d'une force multinationale en Haïti. Le Kenya s'engage à déployer un contingent de 1 000 policiers pour aider à former et aider la police haïtienne à rétablir la normalité dans le pays et à protéger les installations stratégiques", a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
Sa "proposition de déploiement" nécessite toutefois un mandat du Conseil de sécurité de l'ONU ainsi que l'accord des autorités locales, a précisé le ministère.
"Une mission d'évaluation par une équipe opérationnelle de la police du Kenya est prévue dans les prochaines semaines", a encore expliqué la même source, disant que celle-ci permettra d'acquérir des informations et d'orienter le mandat en fonction des besoins opérationnels de la mission en Haïti.
Les gangs contrôlent environ 80 % de Port-au-Prince, la capitale haïtienne, et les crimes violents tels que les viols, les enlèvements contre rançon, les vols à main armée et les détournements de voitures sont quotidiens.
Les forces de sécurité haïtiennes étant débordées, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, et le Premier ministre haïtien, Ariel Henry, ont appelé à une intervention internationale pour soutenir la police.
Antonio Guterres a demandé à plusieurs reprise l'envoi d'une force extérieure à l'ONU, mais le Conseil de sécurité lui a demandé de présenter, d'ici la mi-août, un rapport sur toutes les options possibles, y compris une mission dirigée par l'ONU.
Plusieurs pays ont déclaré qu'ils soutenaient l'idée d'une telle force, mais aucun n'a proposé de la diriger, dans un pays échaudé par de multiples interventions étrangères.
Cette semaine, les États-Unis ont ordonné au personnel non essentiel et aux familles des fonctionnaires de quitter Haïti "le plus vite possible". Le 27 juillet, une infirmière américaine et son enfant ont été kidnappés près de Port-au-Prince, a annoncé samedi une organisation chrétienne.
En plus de la violence, près de la moitié de la population, soit 5,2 millions de personnes a besoin d'assistance humanitaire, dont près de 3 millions d'enfants.
Avec AFP