Estimant avoir été lâché par celui qui l'a encouragé à se lancer dans les élections sénatoriales. "J’ai rencontré Georges Patient qui m’a demandé d’y aller pour pouvoir travailler ensemble. Il m’a dit que parmi les candidats, certains ont eu ou auront des soucis avec la justice. Il m’a même dit que Marie-Laure Phinera-Horth était une « coquille vide ». Il voulait donc que je sois à ses côtés pour travailler. Il m’a dit cela sans pour autant que l’on établisse une stratégie commune. N’étant pas dans le jeu politique, je lui ai répondu que je n’avais pas de suppléante ou remplaçante. Il m’a alors dit qu’il m’en trouverait une. Finalement, il ne m’a jamais proposé de suppléante. Voyant cela, je l’ai trouvée moi-même"
Il déclare plus loin "Si je savais qu’il me lâcherai je n’y serai pas allé. Il n’a pas respecté sa parole (George Patient). Non pas sa parole politique, mais sa proposition de travail. Je pense qu’on aurait pu faire un binôme d’experts pour le pays ayant le savoir faire et le réseau.
A la question sur les tractations douteuses durant cette campagne, le Dr Bellony répond
"Énormément. Durant l’entre-deux tours, j’ai même été interdit d’approcher certains grands électeurs. On m’a chassé de l’hôtel Amazonia où logeaient nombre d’entre eux. Je ne trouve pas ça démocratique"
Concernant les éventuelles enveloppes pour obtenir les voix des grands électeurs, le docteur explique avoir reçu un message en ce sens
"Oui, je peux vous montrer un message que j’ai reçu (ndlr, il nous montre un sms sur son téléphone). Un grand électeur m’envoie : « si tu veux rencontrer les gens du fleuve, tu me donnes une enveloppe ». Je n’ai même pas répondu. Il y a d’autres choses : j’ai vu le bus de la CTG aller chercher des électeurs pour les faire voter. Qui a payé l’hébergement et le transport de ces gens ? Je m’adresse au peuple bushinengé : on ne doit pas pouvoir acheter un peuple qui a maronné, qui s’est battu pour ses libertés. Si l’on m’a demandé de payer pour obtenir des voix, c’est qu’on l’a proposé aux autres aussi. Je préfère ne pas être élu à ce prix là"
Il compare le paysage de la politique guyanaise à une quasi royauté sans aucune opposition."Nous sommes presque dans un système de royauté. Il faut un contre-pouvoir. À la CTG, l’opposition est disséminée. Il n’y a que deux opposants visibles : Gauthier Horth et Mylène Mathieu. Le chef de groupe de l’opposition (ndlr, Alain Tien-Liong), on ne le voit plus. On se rend bien compte que le pouvoir est centralisé sur un seul individu, Rodolphe Alexandre, qui est en train de préparer sa réélection avec l’outil public de la CTG.
Il déclare vouloir continuer le combat autour des grands projets qui lui sont chers, notamment le CHU.
"Je continue mon combat. Je n’ai pas perdu, j’ai appris. J’ai appris qu’il y avait un système mafieux. J’ai appris qu’il y a des filous. Je le savais, mais je ne l’avais pas vécu. On trompe le peuple. Aujourd’hui, pratiquement tout le monde veut l’autonomie. Même ceux qui se sont battus pour le 73. Rappelons que la demande d’autonomie vient du PSG. Je veux éclairer le testament de Justin Catayée et Georges Guéril de la torche de Léon Gontran-Damas pour en faire ma feuille de route. C’est mon projet politique.
Et d'ajouter "Je suis un fervent défenseur du CHU. Pourtant je dis que l’on en a pas besoin tout de suite. Un CHU ne peut être utile que si vous avez d’abord accès aux soins partout sur le territoire. La première chose à faire est de construire des hôpitaux, dans les deux bassins de l’ouest et de l’est : Maripasoula et Saint-Georges. Il faut mettre une maternité à Maripasoula. C’est une obligation immédiate. Saint-Georges a environ 5 000 habitants. Oiapoque en a environ 30 000. Il y a un projet d’hôpital international à Oiapoque. C’est presque acté. Il faut mailler le territoire avec des hôpitaux pour qu’ils soient reliés à ce futur CHU"